L'innovation et la formation constituent des enjeux essentiels en termes d'emplois et sont relevés par la totalité des études portant sur la transition écologique. L'innovation est essentielle à la santé économique d'un pays ou d'une région puisqu'elle permet de générer des modèles de production alternatifs plus efficaces et plus durables. En période de récession ou de faible croissance, elle est pourtant fortement freinée du fait du ralentissement des investissements. Les projets pilotes sont souvent coûteux puisqu'ils ne bénéficient pas des économies d'échelle inhérentes aux technologies et modèles implantés historiquement. À moyen terme, ces dispositifs innovants peuvent pourtant devenir beaucoup plus rentables. Le secteur public doit soutenir les projets d'avenir permettant de renforcer l'économie et de créer des emplois. Cette aide ne se traduit pas forcément par l'octroi de moyens financiers. Elle peut aussi se traduire par un support technique ou par la levée de certains freins réglementaires, à l'image de l'approche Green Deal développée aux Pays-Bas. La formation aux nouveaux métiers de l'économie circulaire, qu'elle passe par l'enseignement supérieur ou la formation continue, doit préparer la main d’œuvre nécessaire à la restructuration du modèle productif. L'OIT souligne notamment que le manque de travailleurs qualifiés est un frein à la transition vers l'économie verte. Les politiques de formation doivent être ajustées afin de mieux prendre en compte les besoins du futur. Les enseignements à caractère scientifique doivent être mieux valorisés. L'étude CGEIT-CGEDD met en exergue la nécessité de « redorer » l'image des métiers du secteur des déchets qui restent peu attractifs chez les étudiants de l'enseignement supérieur. La formation continue est un enjeu tout aussi central puisqu'elle doit permettre d'assurer la transition professionnelle Le rapport de l'OCDE sur la croissance verte insiste sur la nécessité de « faciliter le reclassement des travailleurs entre secteurs en déclin et secteurs en expansion » dans le but de « limiter au maximum les pénuries de main-d'oeuvre » La Commission Européenne partage ce constat et insiste sur la nécessité « d'anticiper les mutations sectorielles, assurer les transitions professionnelles et favoriser la mobilité, par exemple en promouvant une application générale du cadre de qualité de l’Union européenne pour l’anticipation des changements et des restructurations ». L'action publique doit donc faciliter la transition professionnelle. Elle doit anticiper les changements qui s'opèrent, identifier les secteurs en déclin et en croissance, et favoriser la diversification des connaissances des salariés dont l'emploi est menacé. L'OIT prône également la mise en place ou le renforcement des systèmes de sécurité sociale en place afin de sécuriser la mobilité professionnelle et la résilience du marché du travail.